Pour toi, ‘migrant’ 10 out of 10 based on 6 ratings.

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Va, protège-toi de la guerre
Fuis les batailles meurtrières
Tu sais, le statut d’étranger
Est le moins cruel des dangers

Prie, et protège-toi du sort
Prie pour décourager la mort
Prie les dieux et prie les démons
Mais ne crie pas trop fort ton nom

Louvoie pour éviter les bombes
Cours te chercher un nouveau monde
Louvoie pour fuir les agressions
Fuis le chaos, les sécessions

Car dans ton pays saccagé
Il ne demeure que charniers
Que macabre désolation
Va, et délaisse ta nation

Va et ignore tous ces murs
Érigés comme des blessures
Par ces militaires abjects
Qui terrorisent, s’en délectent

Par ces polices, ces vigiles
Qui s’en prennent aux plus fragiles
Faute d’avoir la vraie vaillance
De combattre la vraie violence

Va, cherche-toi un avenir
Va, cours, prends les mains à saisir
Surtout, évite les envieux
Les sectaires, les pernicieux

Va, ignore les insensés
Les incongrus, bien installés
Qui se pensent de haute race
Va, et ne voile pas ta face

Va, ne crois pas les xénophobes
Va, ne fais confiance qu’aux probes
Il est encor des êtres nobles
Qui ne sombrent pas dans l’ignoble

Gagne et respecte ton honneur
Gagne sur le terrain du cœur
Suis ton instinct, ressens le vent
Ne te pense jamais perdant

Vole par delà les frontières
Vole et évite la poussière
Vole et va, termine ta course
Aux lisières de la grande ourse

♦ JC Fartoukh ©

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5 commentaires pour Pour toi, ‘migrant’

  • Bravo et merci car ce texte m’a inspiré celui-ci :

    La belle Angleterre
    aux courbes aguichantes
    visibles depuis nos plages,
    par beau temps.
    Fantasme touché du bout des cils
    invitant l’errant désespéré,
    à affronter les eaux
    en risquant son corps usé.
    Ultime manche
    où l’on joue sa vie,
    quand toucher le fantasme du bout des doigts
    semble enfin permis.
    Calais,
    là où l’illusion devient réalité,
    le rêve, accessible,
    l’arrivée,
    la délivrance,
    qu’elle soit mort ou vie.
    Calais,
    point de mire
    d’où l’on voit apparaître
    la fin de l’errance,
    si proche,
    cette vision poussant l’imprudent à nager,
    jusqu’à perdre pied,
    aveuglé par l’espoir de le poser dans l’autre pays.
    Un mirage
    où le risque de se noyer
    est grand,
    mais n’a jamais semblé si petit.
    Étrange désert
    à traverser
    fait de vagues
    plutôt que de sable,
    où le risque n’est pas
    y mourir assoiffé
    mais ivre,
    car trop épris de liberté.

    • avatar
      jcf le 

      Merci à vous…
      Votre texte est touchant…
      Amicalement,
      JC

      • J’ai voulu ce texte, dans la continuité de l’empathie que vous avez exprimée. Habitante des Hauts-de-France, j’ai une vision très nette des événements liés au phénomène migratoire. Depuis la constitution de « la jungle », chaque été, j’observe les côtes anglaises depuis la côte d’opale à la façon de ces toucheurs de rêve…de plus en plus inaccessible alors qu’ils sont de plus en plus nombreux à vouloir le réaliser. Merci à vous pour l’hébergement de mes pensées à ce sujet. Amicalement. C.Lefait

  • avatar
    jcf le 

    Merci…
    Amicalement,
    JC

  • avatar
    carzon le 

    Très beau et juste poème. Amitiés.

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