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Nina se réveilla entourée d’une lettre et de journaux. Un journal plus qu’un autre prenait toute la place. C’était “le Journal de Gien”, large, aux titres accrocheurs : “Sous le charme des femmes”… Quelles femmes cette semaine-là ? Des vedettes de la météo, de la télé dite réalité… De maigres silhouettes aux tignasses blondes, maigres parce que tyrannisées par le culte de la minceur, blondes parce qu’elles étaient brunes. Il y avait aussi un journal télé, un magazine pour ados, une BD. Et une lettre de Charlotte :
“Ma petite Nina, je ne me sens pas bien aujourd’hui et pourtant, tu vois, je pense à toi. J’ai mal aux intestins. Je fais attention à ce que je mange, mais je ne sais pas par où ça passe. Ces douleurs sont vraiment pénibles à supporter. Tu me connais : je suis courageuse. Ma petite Nina, je t’embrasse. Pense à moi. Tatie Charlotte.”

Nina remit la courte lettre dans son enveloppe. Où était tatie en ce moment ? Dans le Jura, ou à Cannes…? Elle avait des amis partout, des amis qui ne semblaient pas se rendre compte que Charlotte se plaignait tout le temps, les arrosaient de ses maux, les ennuageait de ses diverses peines. Nina se demandait où ils trouvaient leur extraordinaire patience. Nina ne se sentait pas patiente. Elle se disait : “Quand tatie viendra, à qui vais-je la refiler ?” Pas à maman, trop occupée. Pas à papa, rentrant tard le soir. Pas à Pierre, trop jeune. La lettre de tatie Charlotte était décorée, sur sa partie gauche, d’une immense fleur jaune, pas mal, qui disait : “Je tiens la place de JE PENSE A TOI qui manque, qui manque sacrément.

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♦ Carzon Joëlle ©

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