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Chapitre XIX – Épilogue

Je voudrais épiloguer sur les yeux de mes amis et sur un sourire. Pas un rire, je ne vois pas comment cela serait possible après la vie si difficile qui a suivi mes années parisiennes.

Les yeux bleu froid de Marc qui ne tomba jamais amoureux de moi. Les yeux bleu clair de Cyril (c’était un jeune homme mince et rouquin). Les yeux noisette de Sonia qui s’illuminaient enfin devant les tableaux des Impressionnistes. Les yeux (soi-disant) caressants de Patrice. Les yeux timides aux paupières palpitantes de Pierre devant ses B.D. Et enfin, et toujours, et vivants pour moi à jamais, les yeux moqueurs, pétillants, violets, rieurs de Jules.

Malgré l’argent qui manquait, malgré une vie professionnelle stupide et frustrante (tout ce temps gâché !), nous avons tellement ri ensemble.

Je veux me souvenir de Jules qui pardonnait tout, de son regard tellement gentil sur nos folies. Toute cette indulgence, toute cette liberté.

En 2013, des jeunes gens réactionnaires manifestent contre le « mariage pour tous », les catholiques allument des bougies dans les rues pour ranimer l’homophobie.

Nous, nous étions libres et pleins d’indulgence. Il ne nous serait pas venu à l’idée de mépriser les pauvres et de pourchasser les Roms.

*

Je voulais écrire le livre de la jeunesse et des rires et je crois bien que je n’ai pas vraiment réussi ! Tant pis. Je ne suis pas une joyeuse luronne, même si j’ai fait de mon mieux pour en être une.

Mais je me souviens des films, de Paris magique, de la voix chaude de Marc et de ma joie troublée quand je vis apparaître Patrice rue Lécluse.

Et je me souviens que j’étais fière d’être une marginale avec Pierre.

Et je me souviens du sourire de Jules, si doux, si amical, qui a marqué de sa mélodieuse empreinte les chères années de ma jeunesse.

Gien et Cancale, 2008 – Gien, 4 août 2013

– FIN –

♦ Carzon Joëlle ©

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