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Chapitre XIII – Chez Nelly et Patrice, Gentilly

Eté 1982 : Pierre s’en va. « Ailleurs l’herbe est plus verte. » Avec Pierre, ailleurs sera toujours plus vert. En l’occurrence, Lamanon brûle sous le soleil. Pierre ramasse du foin chez un patron en compagnie du seul garçon resté dans cette ferme « anarcho-écolo-libertaire » où se réfugia un jour Jules. On va aux W.-C. derrière la ferme. Je vais le rejoindre en août. Pierre me laisse seule les moments où il devrait être là. Il va à la recherche de cannabis, mais je ne m’en rends pas vraiment compte. Je plane comme d’habitude. Ou je me fais des plans parano : « Pierre m’abandonne. Il devrait être en train de me dorloter et il n’a même pas besoin d’être avec moi le peu que je suis là. » En fait c’est horrible. Je fais semblant de trouver tout normal, y compris cette fille qui loge aussi dans cette ferme, qui médite des heures dès cinq heures le matin et qui ne raconte que des histoires de défonce. Certes Pierre s’est musclé avec les foins et est devenu un très beau jeune homme. Mais ces W.-C. au fond du jardin, ces gens aux discours qui ne me correspondent finalement pas le moins du monde, et cette chaleur insupportable. Ma famille et moi avons toujours détesté la chaleur. J’ai des ancêtres chtimis et normands.

Il fait infernalement chaud et je pleure sur un lit bancal, en Provence, loin de mon beau Paris. Je n’ai rien à faire là. Je n’ai rien à faire avec ce type de gens. Et je mettrai plus de dix ans ensuite à m’en rendre compte.

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♦ Carzon Joëlle ©

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