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Chapitre XII – Jules, l’enfant de Valenton

Aujourd’hui, 10 juillet 2013, je me suis prélassée à la piscine de Gien (Loiret). Je suis devenue une privilégiée, une assistée (un peu assistée), une amie d’une certaine petite bourgeoisie d’ici (beaucoup de profs), quelqu’un qui a surnagé on ne sait comment jusqu’à une retraite en province. Loin de Paris, sans Pierre, sans Jules. Si je suis un peu privilégiée, si je nage doucement dans une piscine agréable un jour de juillet, si je prends le soleil le matin avant de me retrouver devant mon ordinateur l’après-midi, c’est que j’ai survécu miraculeusement à la pauvreté (Pierre), à la Maladie et à la mort (Jules), à un métier que je n’avais pas choisi à Paris.

A Paris, dans ces années 80, Jean-Baptiste me demandait pourquoi je n’étais pas prof. Pourquoi j’étais cette petite secrétaire pourchassée comme nous tous par le manque d’argent. Je lui répondais : « Eh bien, heureusement que je ne suis pas devenue prof ! » Et j’avais raison. Mais à l’époque je disais cela un peu au hasard. Je ne savais pas vraiment ce à quoi j’avais échappé. Jules, avant la fin, fut heureux de me voir devenir prof. J’étais enfin « casée ».

Nous n’étions que de petites secrétaires, des petits employés, et pourtant nous étions brillants. Notre culture littéraire, à Sonia, Jules ou moi, était remarquable. Jules et moi avions lu « la Recherche du temps perdu » (personne ne nous l’avait demandé). Sans parler de notre culture cinématographique. Au théâtre, nous allions voir Copi et Alfred de Musset. Je me souviens de l’exposition Mucha où Jules à un moment s’exclama : « Et puis… Mucha… merde ! », déclenchant les éclats de rire de tout le monde. 1984, ce fut l’exposition des frères Flandrin au Luxembourg. J’ai encore l’affiche chez moi aujourd’hui à Gien.

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♦ Carzon Joëlle ©

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