Chapitre 7

Un soir, au coin du feu, quelque temps après ces événements, Charles raconta une histoire. Assise près de lui, le chat douillettement endormi sur ses genoux, Florence écouta en silence :

“Il était une fois une petite fille qui aimait une ombre. La nuit, sur les murs de sa chambre, elle voyait se profiler l’ombre, et tentait de l’attraper. Mais l’ombre réussissait toujours à échapper à ses mains avides. Insatiable, la petite fille courait après la douce silhouette. Ses parents, qui ne voyaient pas l’ombre, ne comprenaient pas son agitation et la laissaient faire avec patience car ils pensaient que cette manie s’estomperait avec le temps. Cependant, les années passaient et l’ombre prenait de plus en plus forme aux yeux de la fillette qui l’aimait de plus en plus et en oubliait presque de grandir. L’ombre avait des vêtements, des sourires, des gestes d’invitation. L’ombre l’aimait, la petite fille en était persuadée. Désespérés, les parents regardaient cette enfant qui grandissait mal et avait toujours des cernes sous les yeux. La fillette eut quinze, puis seize ans. Elle fut une jeune fille. Elle était sage et jolie, quoiqu’un peu maigrichonne. Agitée dès qu’elle se retrouvait seule dans sa chambre, c’était autrement une fille obéissante et une demoiselle respectueuse avec les adultes. On songea logiquement à bien la marier et on l’envoya au bal. Elle obéit sans rechigner et alla à son premier bal au village voisin. Là, on admira son visage lisse et pur, sa fine taille, et les hommes célibataires, bien qu’elle ne semblât pas en parfaite santé, furent séduits par sa grâce de chatte.

Ce soir-là malheureusement, la jeune fille vit l’ombre qui s’était mêlée à la foule joyeuse. “Je suis là, disait l’ombre, moi aussi je suis là : regarde-moi !” et elle enveloppait la jeune fille, feu follet, élégante et habile, pleine d’élan et d’aristocratie. “Regarde-moi !” Notre héroïne, qui ne l’avait jamais vue ailleurs que dans sa chambre, ne pouvait la quitter des yeux. Son cœur battait très fort, elle était fascinée, éblouie, soumise. “Viens, viens donc danser avec moi !” disait l’autre, l’entraînant hors du bal, puis loin de la place, loin des maisons… “Où m’emmènes-tu ? Mais où m’emmènes-tu ?…” disait la jeune fille en riant, le cœur léger. Elle suivait la belle ombre, virevoltant, riant. L’autre la conduisit près de la rivière, en dehors du village. “Regarde-toi, là, dit-elle, regarde-toi dans l’eau, regarde comme tu es jolie, jolie…” L’ombre écarta les roseaux pour que la jeune fille pût mieux s’admirer. “As-tu vu ton joli minois, ta bouche qui est une rose aussi fraîche que le matin ? Te rends-tu compte que tu es ravissante ! Tu n’es pas faite pour le grossier, la canaille de cet endroit. Tu es faite pour moi, ma princesse, pour moi…” Et la jeune fille vit le reflet de l’ombre dans l’eau, dans la rivière transformée en miroir d’amitié, et elle frémit de bonheur, et elle voulut attraper l’ombre. Une dernière fois, elle voulut l’attraper, une dernière fois elle voulut être aimée. Mais l’ombre disparut et la jeune fille tomba dans l’eau, fut engloutie, emportée. Et on la retrouva attachée dans les herbes et les roseaux, à jamais prisonnière de l’eau froide, loin de ses parents, du village, du bal et des jeunes gens qui l’avaient trouvée si jolie cette nuit-là.”

– Tu racontes bien, se contenta de reconnaître Florence après une pause.
– Mon histoire te plaît-elle ?
– Non. Elle est trop triste… Je suis toujours étonnée que toi, si terre à terre, tu inventes de pareils contes.
– Je me fonde sur la vie réelle, j’observe. Il existe des fillettes en quête d’impossible.
– Ça va, dit Florence sèchement, j’avais compris. L’histoire suffit. Elle n’a nul besoin d’explication de texte.
– Pourtant n’es-tu pas d’accord avec moi ?
– Quand tu t’amuses à inventer des contes, je suis d’accord. Tu es un bon conteur, tu as de l’imagination, ta voix est agréable et on prend beaucoup de plaisir à t’écouter, mais je t’en supplie, ne m’oblige pas à faire joujou au prof et à l’élève : toi dans le rôle du prof, et moi dans le rôle de l’élève. Nous sommes un couple, un “couple”, Charles, et non pas une espèce d’association de deux abrutis qui s’affronteraient sans cesse dans des concours d’influence.

Elle pensa qu’elle s’agitait inutilement.
– Tu as raison, dit Charles, excuse-moi. Je suis un sot. Je devrais déjà être heureux que tu aimes mes histoires…
– Je les aime ! C’est toi l’artiste et non moi. Moi… moi, je n’ai aucun don. Si, le don d’écouter. Ecouter et admirer bêtement. Oh ! je ne dis pas cela pour toi… J’admire bêtement tout le monde : toi, Eliane, Pierrot… Et puis je m’aperçois que tous sont admirables, que tous ont un but et arriveront à quelque chose. Tous.

Quand elle reprit, sa voix était monotone, sans tonalité :
-… Tous, sauf moi bien sûr. Je suis là, j’attends, je te regarde, je songe à ce que je vais faire dans la minute qui suit. Et les minutes se suivent en effet. Et les années passent… Et Eliane, Pierrot, toi, changez. Moi je ne change pas… ou je change dans le mauvais sens.
– Quel pessimisme ! Que puis-je faire pour t’aider à reconquérir ta bonne humeur ?
– Toi ? Rien, Charles, rien… Il faut que je bouge. Laisse-moi partir.
– Tu sais que tu peux aller et venir à ta guise.
– Partir, une dernière fois, dit-elle d’un ton rêveur. Ce sera la dernière fois, promis. Ensuite, je ne t’ennuierai plus. Je serai sage : une image sainte, et je tondrai les moutons !
– Je ne t’en demande pas tant. Souris… Souris et aime moi un peu, et ce sera bien.

*

Lorsque Florence téléphona au bureau de Romain Taniani, une voix répondit qu’il n’y avait pas d’abonné à ce numéro. Elle appela Eliane : est-ce que son amie pouvait se rendre avenue du Maréchal-de-Lattre-de-Tassigny ? Eliane, transformée à sa grande joie en détective, s’empressa et enquêta.

Elle rappela Florence dès le lendemain, ayant choisi une heure où elle savait Charles absent.
– Allô, Flo, ça bovaryse ?…

Eliane connaissait vraiment tous les moyens de vexation, mais comme d’habitude, sa copine ne put s’empêcher de rire.
– Ça va. Alors ?…
– Ma chère, dès l’aube, ayant revêtu mon imperméable beige, je me suis rendu sur les lieux indiqués. Les locaux ont bel et bien disparu. Les gens se sont évaporés. Il reste cependant la trace de leur plaque sur la porte d’entrée. La concierge n’a jamais rencontré ou entendu parler d’un Taniani. Les voisins ignorent totalement ce que ces gens-là faisaient. De Taniani, aux dires de tous, il n’y eut ni d’Eve ni d’Adam. Voilà. Tel est mon maigre rapport, ma pauvre douce…
– C’est trop fort ! Comment pourrais-je te croire ? Il me semble rêver…
– La vérité quelquefois…
– Tais-toi. J’arrive. Que Romain disparaisse, OK ! mais ses bureaux… C’est impossible, Eliane. Je prends le train demain matin. Eliane…
– Oui, mon petit cœur ?
– Tu dois me croire folle !
– Non, très sensée au contraire. Tu te réveilles. Quant à Charles…
Lorsqu’on a une belle jument, on doit savoir s’y prendre pour lui passer la brosse à reluire.
– Charmant ! Prépare le lit de la jument pour demain soir.

*

Charles était serein en la regardant partir. Soudain, alors que tout semblait prouver l’inverse, il avait confiance en elle, en sa tendresse, en sa fidélité. Il avait confiance. Si Florence avait voulu le quitter, elle l’aurait quitté en novembre lors de sa rencontre avec Romain Taniani à Paris. On était en février, bientôt mars, puis le printemps… Florence aimait le printemps. Pendant des heures, elle contemplait les bourgeons, les caressait ; des journées entières, elle s’émerveillait de la croissance des feuilles et des mille nuance de leurs verts. Quoi qu’elle dît, la jeune femme aimait la nature. Et elle aimait certainement Charles, plus qu’elle ne l’avouerait jamais. Il avait conscience de la fausse amitié d’Eliane à son égard. Les “conseils” qu’elle devait donner à Florence, il les devinait, ainsi que ses souhaits concernant l’échec de leur couple… Eliane méprisait Charles : il “cassait” la personnalité de son amie. C’était étrange… Que lui avait donc dit Romain à ce sujet, de ce ton si particulier, ironique et faussement indifférent ? Charles avait haï Taniani, mais il l’avait haï avec une touche d’estime, presque d’admiration. Cet homme ne cherchait pas à lui enlever Florence ; il vivait une vie mystérieuse dont Charles ne pouvait mesurer la difficulté. Quand Taniani était arrivé, il avait peur et Charles l’avait accueilli parce qu’il respectait cette peur, ce danger, cette existence si étrangère à la sienne. Taniani était un ennemi ; pourtant, aux yeux de Charles, un homme digne de respect : bizarre puisqu’il fuyait sans doute la justice…

Florence ne le quitterait pas. Elle partait à Paris pour faire le point, pour régler ses comptes. Elle avait toujours trouvé Charles plus raisonnable qu’Eliane. Intelligente, Florence découvrirait un jour, peut-être très proche, le bonheur calme que son compagnon voulait pour elle.

Ils se dirent au revoir de manière paisible, Florence l’embrassa avec une grande tendresse, et le train, sous les yeux du jeune homme, partit doucement loin de la Provence, vers la capitale.

Abandonnant la gare derrière lui, d’un pas lent, le cœur en paix, Charles avait imprimé dans sa mémoire le souvenir très doux du baiser de Florence.

*

Elle se rendit seule avenue du Maréchal De-Lattre-de-Tassigny, saluée au départ des sourires peu flatteurs et pleins de sous-entendus d’Eliane. Cette dernière lui dit, sur le seuil de son appartement :
“Allez ! Et puis… m… quand même !”

Parvenue à son but, très émue, Florence poussa la lourde porte de chêne, sculptée, fastueuse. Dans l’immeuble, elle monta au troisième étage, suivant les indications d’Eliane. Elle vit l’emplacement où avait été clouée une plaque. Florence imaginait la plaque dorée, élégante. Elle frappa.

N’obtenant pas de réponse, elle frappa plus fort, puis, prise de rage enfantine, elle abattit ses poings sur le bois, jusqu’à se faire mal. L’immeuble paraissait vide, personne ne montra le bout de son nez. La vie avait déserté cet endroit, comme l’espoir désertait l’âme de la jeune femme. Des paroles de désespérance bourdonnèrent dans sa tête.

– Ah ! c’est donc vous…, dit une voix boudeuse derrière elle.

Elle eut un violent sursaut et se retourna. Elle se trouva alors en face de Xavier. Il était dépenaillé et son visage portait des traces profondes de fatigue.
– Xavier ! Si vous saviez… Je suis si contente de vous voir !

Elle éprouvait un tel bonheur en effet de cette présence qu’elle lui aurait volontiers sauté au cou. Les yeux brillants, elle regarda le garçon qui ne lui manifestait ni hostilité ni sympathie. Elle en conclut qu’elle n’était pas tout à fait indésirable en ces lieux.
– Quel boucan ! murmura-t-il, maussade. A-t-on pas idée d’ameuter ainsi la population ?
– Il n’y a personne ! On croirait qu’on a fui jusqu’à cette bâtisse !
– Je suis là, moi.
– Vous habitez ici ?
– Oui, là-haut, dans une chambre de bonne. Venez, madame… Il vaut mieux qu’on ne me voie pas à cet étage…
– Ecoute… Je te tutoie, Xavier, dit-elle en le suivant dans les escaliers. Et appelle-moi Florence, pas “madame”.

Ils montèrent sans hâte, mais en arrivant la jeune femme était essoufflée. L’excitation peut-être, l’émotion…

La chambre était nue et sale. Les carreaux de l’unique fenêtre ne reflétaient que la poussière et les larmes pluvieuses de la veille. Toute cette tristesse accabla Florence et elle porta un regard plein de pitié sur le garçon.

– Tu ne devrais pas vivre là…
– J’attends pour partir dans le Sud. Mais je n’ai pas encore de nouvelles.
– Attends-tu… des nouvelles de Romain ?

Xavier mit sur le gaz un méchant café. Elle n’osa lui dire qu’elle n’en désirait pas. Puis il répondit avec lenteur :
– Je ne sais pas… où diable est Romain en ce moment. Nous avons… quelques problèmes. Les affaires ne sont pas brillantes.
– Je l’avais compris. Ne devrais-tu pas attendre ailleurs ? N’as-tu aucun moyen de le joindre ?
– Si, si… Je sais, je SAIS. Mais pas tout de suite. Ne pas mettre la charrue avant les bœufs… C’est préférable.

Il ne voulait donner aucun détail. Florence supposa qu’il réprouvait les questions. De ses mains aux ongles rongés, il lui tendit une tasse. Elle but le breuvage en dissimulant une grimace.

– Xavier, j’ai des copains à Paris, de très bons copains. Ils pourraient te loger quelques jours, le temps de voir venir.
– Non.
– Quelle réponse ferme et décisive ! Tu n’as pas confiance en moi ?
– J’ai pas confiance dans les gens, dit-il d’un air sombre. Romain est le seul… le seul qui me botte. Je resterai ici. Personne monte jamais, ne craignez rien, madame : ils sont trop dégoûtés. Vous-même…
– Je suis sûre que tu gagnes -ou que tu as gagné- de l’argent avec Romain, alors… (la jeune femme avait un ton de plus en plus chargé d’indignation) pourquoi vis-tu dans ce taudis ?
– Et s’il me plaît, ce taudis, comme vous dites, madame ! Et si je préfère, moi, les taudis de Paname aux taudis de banlieue !
– Je ne voulais pas te critiquer, mais que fais-tu, persista Florence, de ton argent ?
– Je m’en contrefiche, du fric. Ce qui m’importe, c’est de travailler avec Taniani.

Florence se tut. Elle continuait à ne pas comprendre ce qui liait Taniani et Xavier. L’exaltation presque servile du garçon ne lui plaisait guère. Elle commençait à penser que Taniani ne l’avait peut-être jamais traité avec beaucoup d’égards. Décidant de se montrer directe, elle demanda :
– Qu’est-ce qui exactement vous cause tant d’ennuis ?
– Nous ne sommes que des intermédiaires, Rémi et moi. C’est pas bon. Soyez pas questionneuse, madame. C’est mauvais, pour vous, pour moi, très mauvais…
– Parfait. Je t’obéis. Bêtement, mais j’obéis. Je ne demanderai plus rien. Mais je veux vous aider, toi ou Romain, peu importe. Dis-moi tout ce que tu peux pour qu’il me soit possible, facile, d’aider.
– On n’a pas besoin d’aide, madame. Ni monsieur Taniani ni moi.
– Oh ! s’il te plaît, Xavier, cesse de m’appeler “madame”, ça m’agace ! Et cesse de jouer les seigneurs sans peur et sans reproche. Tout le monde, un jour ou l’autre, peut réclamer un coup de main… L’honneur n’en sera pas moins sauf.
– Si vous retrouvez Romain, aidez-le… (Il ricana. L’idée d’aider Taniani, visiblement, lui paraissait d’un ridicule achevé.) Mais moi, je me débrouillerai seul, comme je l’ai toujours fait. Ma force, c’est d’être seul.

Découragée, Florence soupira et regarda à nouveau autour d’elle. Le monde lui sembla vide, plein d’abandon. Elle se sentait démunie dans cette chambre de garçon mis à l’écart. Deux êtres, solitaires et dépourvus de la moindre ressource, dans cette horrible chambre, se faisaient face sans avoir l’intention ni de poursuivre ni de clore l’entretien. Florence s’étonnait que Xavier, jeune homme renfermé et hostile à tout et à tous, l’émût. Elle était sincère et aurait désiré lui porter secours, prendre sa main et la serrer, lui faire comprendre qu’en dehors de Taniani, quelqu’un pouvait se rapprocher de lui. Elle eut un geste vers Xavier, mais à ce même moment, il se tourna et regarda à travers les vitres Paris décomposé.

– Tu n’as pas de parents…
– Non.
– Pas de frères ou sœurs ?
– J’sais pas.
– N’aimerais-tu pas avoir une famille ?
– Ça m’est égal. Et vous, vous en avez une de famille ?
– J’ai Charles, mon… mari. Autrement… Eh bien, comme toi, je ne sais pas…

Elle émit un petit rire embarrassé :
– … Oui, je ne sais trop… Ils sont… si loin de moi, si indifférents à ce que je suis, à mes préoccupations, que je n’ai pas l’impression d’avoir de famille. Ma réelle famille, c’est mon chat et Eliane et Pierrot, les amis dont je te parlais tout à l’heure, ceux qui pourraient te recevoir. Mes amis sont ma sœur, mon frère et mes parents.
– Il n’y a rien de tel que les amis ! dit Xavier avec chaleur.
– Je suis ton amie.
– Vous êtes l’amie de mon patron.
– La tienne aussi, insista Florence.

Il la scruta, méfiant. Puis il sembla, pour la première fois en sa présence, se détendre.
– D’accord : vous êtes mon amie. Et je suis le vôtre.

Il lui tendit la main qu’elle serra de façon trop émotive.

“Quelle hypersensible ! pensa-t-elle, se reprenant. Je dois faire une belle figure de godiche aux yeux de ce garçon pur et dur. Pourquoi ne puis-je me retenir, pourquoi faut-il toujours que je m’attache aux premiers venus ?”

Mais Xavier paraissait touché et content.
– J’offre rarement mon amitié, dit-il d’un ton hautain.
– Je m’en doute, murmura Florence en souriant. Cela m’honore et je te remercie. Descendons et allons marcher ; les événements de ces derniers jours m’ont un peu déprimée…

Xavier accepta et Florence, soulagée, quitta cette antre sordide.

*

Ils marchèrent longtemps, puis finirent par entrer dans un café rempli de machines et d’écrans vidéo. Ils s’assirent sur des banquettes, face à face, et Florence se réchauffa les mains sur une tasse de chocolat. Xavier, fasciné, ne détachait plus les yeux d’un film vidéo. Florence avait le dos à l’appareil, mais entendait la musique et pouvait observer à loisir le jeune homme. Quelque chose enflait en elle lors de cet examen, quelque chose qu’on aurait pu appeler pitié ou tendresse ou désir de protéger… Xavier était un être jeune, hors normes, abandonné, exclu, se donnant la carapace du mépris. Il avait une bonne image de lui, mais tout de même, sa solitude, son exclusion, étaient injustes. Ce sentiment d’injustice envahissait Florence et les larmes lui venaient. Comme ils étaient seuls, lui et elle, oh ! pour des raisons opposés, mais si seuls !

Xavier sembla sortir d’un songe lointain et son regard s’arrêta sur elle. Florence avait le visage triste et frissonnait. Il posa sa main sur la sienne à côté de la tasse.

– N’oubliez pas, madame, que je suis votre ami, dit-il d’une voix d’homme fort.

Il lui accordait sa protection.


(Voir la suite Suite)

♦ Carzon Joëlle ♦

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