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Chapitre XXVI – Moi et Bernard Dedic

Nanade me demande si je ne voudrais pas épouser son fils. Je vous demande un peu… ! Et pourquoi pas l’épouser lui pendant qu’il y est ? Ou, pourquoi pas, Théo Daudin qui m’offrirait le R. en cadeau de noce ? Je ne lui réponds pas tout ça, je le garde pour moi, mais mon patron voit mes yeux briller de colère et il finit par se marrer.

– Cela te semble-t-il donc si énorme ? Il ne te plaît donc pas, mon fils grand et mince et intelligent, futur ingénieur de la NASA ? Hein, il n’est pas « classe » mon Paul ?
– Evidemment, il est beau, reconnais-je du bout des lèvres (je ne dis pas : « Et quels yeux noirs ! »).
– … Mais ça ne te suffit pas, n’est-ce pas ? Quelle cliente difficile tu fais ! Je n’aurais pas plus prince charmant que celui-là à t’offrir !
– Je ne veux rien qu’on m’offre, dis-je, extrêmement hostile.
– Quel caractère insupportable ! Explique-moi, mon petit ce que tu attends exactement de la vie, ce que sont tes ambitions.
– Je n’attends rien de la vie que ce que j’ai déjà ! Mes ambitions, c’est ma rue, ma famille, mon chat et quelques amis…
– Et ton frère surtout, hein, ton frère…

Il prononce le mot « frère », la deuxième fois, d’un ton que je trouve fort louche. J’ai horreur qu’on s’occupe de mes affaires. Je m’en occupe très bien moi-même. Nanade est mon patron, pas mon chef de cellule. Et puis qu’est-ce qu’ils ont tous à vouloir que je change de vie ? Elle est super ma vie, elle est sublime, elle est… Je pense à Luc et ma figure doit s’allonger car Bernard Dedic saute sur l’occasion :
– Ton frère n’est plus le même, Iris, c’est une évidence ! Il n’est plus un Iris au masculin, une sorte d’Iris bis aussi délicieux et vif qu’un Gavroche, il n’est plus « à toi » ! Il t’a échappé, reconnais-le. Tu pourrais partir, tu es libre, Luc ne te retient plus à nous. Va-t-en d’ici avant…
– Avant quoi ?

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♦ Carzon Joëlle ©

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