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Chapitre XIII – Voisin-Voisine

Pas de clochette bavaroise chez Voisin-Voisine, mais une grille aussi grinçante que la nôtre et qui m’annonce. Le chat est arrivé avant moi sur le seuil de leur porte, passant à travers la haie rachitique qui nous sépare. Voisin m’ouvre, lourd et vaguement rouquin, un air à Cohn-Bendit quelque part, sauf que mon Juif-Allemand à moi a une barbe. Je l’aime beaucoup, presque autant que Voisine, et je le sens « mûr », mûr pour tomber amoureux (de moi), mais mûr également pour m’écouter et me conseiller plus sévèrement que d’habitude. Il me prend la chevelure dans la main droite et dépose un baiser rapide (mais efficace) sur ma joue (il n’a jamais osé aller plus loin que l’odeur de mon cou). « Entre ! dit-il. Nous t’attendions. »

J’entre dans leur cuisine, derrière le chat et Voisin. Leur cuisine est plus petite que la nôtre, moins propre, enfin je suis polie. Aurore, chez nous, est la reine Ajax. Quand elle est invitée ici (un dimanche sur trois), elle se jette sur chiffons, éponges, serpillières, sans se soucier des cris de Voisine. « Ça vous fera toujours moins de travail, dit-elle. Laissez… J’adore frotter. »

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♦ Carzon Joëlle ©

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