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Chapitre XII – Luc et moi

Luc, qui n’est pas la moitié d’un con, ne bouge pas. Il ne s’approche pas de moi, assise silencieuse sur mon lit, il ne vient pas me prendre le cou dans la main, il sait qu’en cette minute je ne me détendrai pas, je ne m’attendrirai pas. Nous ne sommes plus un seul. A cet instant, nous sommes en conflit. Un spleen ravageur fait son entrée chez les Marty. Déjà, entre Aurore et moi, ça ne collait pas fort… Mais si Luc fait sécession, si moi je me mets à cacher des choses à Patapa (moi qui lui dis tout, même si c’est en rigolant pour que la pilule passe), mais si Luc et moi…

Luc et moi : voilà tout le problème. Voisin-Voisine m’ont déjà dit doucement que je l’aimais trop, notre Luc. Voisine dit qu’elle me comprend, qu’elle comprend trop, Voisin dit qu’il faut savoir sortir de chez soi un jour, que les petits chats doivent apprendre à guetter le bel oiseau tout seul… Dans le regard de Voisine, il y a toute la compréhension du monde. Même si elle a couché avec mon frère, même si c’est elle qui lui a appris des trucs que je ne savais pas. Dans celui de Voisin, il y a je crois pire que du reproche : de la colère. Il pense que nous sommes, Luc et moi, de sales morveux pourris, pourris par nos vieux qui nous ont eus trop tard, Aurore et papa aveuglés par l’amour et l’admiration qu’ils ont tout de suite portés à nos jolis minois et à notre habileté langagière.

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♦ Carzon Joëlle ©

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